Entre agroécologie et souveraineté alimentaire : l’Equateur, un pays en mouvement

En septembre 2008, la nouvelle constitution équatorienne a été votée par référendum et nombreux sont ceux qui la considère exemplaire sur bien des aspects. Elle remplace le modèle de développement néolibéral qui avait cours depuis 25 ans dans le pays (où la croissance économique du pays passait avant le développement social), pour suivre celui du sumak kawsay (concept issu de la culture kichwa) où le développement doit avant tout permettre d’améliorer les conditions de vie des habitants. Dès lors, le rôle ultime de l’Etat doit être l’obtention d’une vie digne pour tous les équatoriens, afin de « construire une nouvelle forme de coexistence citoyenne, dans la diversité et en harmonie avec la nature, pour atteindre le bien vivre ou sumak kawsay ». La nécessité de passer d’une démocratie représentative à une démocratie participative, la recherche d’une relation harmonieuse entre équité sociale et développement économique et le renforcement de l’économie populaire et solidaire, sont autant de principes qui ont guidé l’élaboration de la nouvelle constitution. Trop beau pour être vrai ou un exemple à suivre ?

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Réformes agraires et révoltes paysannes au Mexique …

Cet article a pour but de dresser un portrait de l´agriculture au Mexique, en rappelant les évènements historiques qui ont façonné le milieu rural du pays,  pour aboutir au contexte agricole actuel.  La dernière partie est consacrée à l´émergence de l´agro-écologie dans le pays, et des différents courants que l´on peut y rencontrer.

Cet article est certes un peu longuet, mais la longueur en vaut la chandelle !

1. Destruction des sociétés préhispaniques et constitution des grandes haciendas

Quand les conquistadores espagnols débarquèrent sur les rives du Mexique au 16ème siècle, l’empire aztèque était en plein essor. Les zones du haut plateau central étaient très densément peuplées et on y pratiquait une agriculture intensive, surtout autour des grands lacs où les terres étaient très fertiles et facilement irrigables. Les plaines littorales plus escarpées étaient beaucoup moins peuplées, y dominaient la culture sur abattit-brulis (notamment au Chiapas).

Les agriculteurs payaient de lourds tributs en produit ou en travail aux classes dominantes (qui ont permis de construire les fabuleux temples que nous connaissons), et les indigènes mayas récemment soumis avaient de forts ressentiments contre les aztèques, sans parler des fortes dissensions au sein même de l’empire. Dans ce climat de tension, il fut facile pour la couronne espagnole d’assujettir la population pour faire tomber la civilisation aztèque. L’administration et l’évangélisation furent confiées aux conquérants sous le régime de l’encomienda : les conquistadores étaient chargés de lever le tribut que les indigènes, nouveaux « sujets du roi », devaient à la Couronne.

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