Agroécologie et développement endogène en Bolivie : un nouveau paradigme ?

La Bolivie est un pays où les petits paysans indigènes, « pueblo originario », ont réussi à conserver des traditions agricoles fortes, basées sur le respect de la terre et le renouvellement de sa fertilité ; et cela, malgré des siècles de colonisation espagnole suivit d’un capitalisme aux conséquences dévastatrices pour les cultures locales… La petite agriculture bolivienne, que certains considèrent comme étant « archaïque », est aujourd’hui bien plus « écologique » et « durable » que l’agriculture moderne industrialisée.

Pour comprendre l’émergence de l’agroécologie en Bolivie, il nous apparaît indispensable de s’intéresser d’abord à l’histoire agraire du pays, qui a forgé la structuration actuelle du monde rural. Comme dans tous les pays latino-américains,  cette histoire est avant tout liée aux luttes paysannes pour la terre, « question de vie ou de mort » pour tout un peuple dont la vie quotidienne s’articule autour d’une petite agriculture de subsistance.

Dans ce contexte, où le droit au foncier est une question centrale, l’agroécologie s’est érigée en nouveau paradigme, alternative au modèle occidental du développement. Cette « agroécologie du sud » vise avant tout à revaloriser les savoirs des paysans, malheureusement dénigrés par la société moderne, selon le concept d’un « développement endogène ».

Lire la suite

Publicités

L’agrobiodiversité andine à l’honneur

 » Sembrar papa es sembrar historia y consumirla mantiene viva nuestra cultura »

« La papa, el sabor de nuestra identidad »

La Bolivie fait partie du géno-centre andin d’origine et de domestication de plusieurs espèces de plantes cultivées, aujourd’hui essentielles pour l’agriculture et l’alimentation du monde entier. La plus commune est la pomme de terre (avec plus de 100 variétés), mais d’autres cultures sont de grande importance pour les communautés andines : la papalisa, la ocal’isaño et les grains andins dont la quinua (autour de 150 variétés), la cañahua, ou encore l’amarante.

La gestion de l’agro-biodiversité est liée à une série de facteurs biologiques et culturels qui ont  permis de maintenir la diversité des cultures des communautés paysannes.

Lire la suite