Sachawasi, entre permaculture innovante et agriculture ancestrale

Notre première étape bolivienne fut une visite à l’incontournable « centre communautaire de permaculture andino-amazonienne» de Sachawasi (la maison dans les arbres en Quechua). Bruno Deroissart, 61 ans, belge d’adoption bolivienne, est un personnage haut en couleurs. Il a fondé ce centre en 2007 dans la communauté qeshaw de Santa Cruz del Valle Ameno, où il nous a fait notamment découvrir une technique de fertilisation des sols léguée par les indiens d’Amazonie mais oubliée : l’utilisation du charbon végétal.

Pour s’y rendre, quelques 16h de bus depuis La Paz suffisent à rejoindre ce petit coin de paradis situé sur les contreforts des Andes, en haute Amazonie bolivienne. Cette ferme unique au monde se trouve à l’entrée du Parc National de Madidi, considéré comme une des zones concentrant le plus de biodiversité puisqu’elle s’étend sur plusieurs étages écologiques, qui vont des neiges éternelles jusqu’à la plaine amazonienne…

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Agriculture traditionnelle et cosmovision andine : Agroécologie?

Nous étant attardées plus que prévu en Equateur, notre visite au Pérou a été courte et plus touristique que studieuse. Cependant, lors de notre séjour à Lima, nous avons pu rencontrer Grimaldo Renrifo,  président du PRATEC (Proyecto Andino de Tecnologías Campesinas). En deux petites heures, il a réussi à nous transmettre sa passion pour l’agriculture traditionnelle péruvienne et à renforcer notre curiosité sur la cosmovision andine, qui avait été piquée à vif lors de notre séjour à Saraguro en Equateur (Voir la fin de Notre itinéraire équatorien).

Ce court article n’a pas la prétention de décrire de manière exhaustive une agriculture millénaire dont la complexité n’a d’égale que l’ancienneté, mais de vous initier à quelques concepts pour vous donner envie d’en apprendre plus…

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Notre itinéraire Equatorien

Malgré sa petitesse, l’Équateur concentre la biodiversité la plus dense du monde. Ce pays est d’ailleurs très représentatif de la diversité des conditions géo-climatiques du continent sud américain puisque composé de trois parties : la Costa, la Sierra (cordillère des Andes, vallée des volcans) et l’Oriente (forêt amazonienne). Lors de notre périple équatorien, nous sommes parties à la découverte de ces trois régions et de leur agriculture traditionnelle.

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Servio Pachard : el « machetero montubio »

Servio ou l’hyperactivité tranquille

Ayant terminé ses études d’ingénieur agronome, le jeune Servio, travaille quelques temps dans une des camanoneras intensives (élevage de crevettes) qui pullulent sur la côte de Manabí. Mais ce genre de production piscicole lui pose un léger problème éthique : pollution de la mer et destruction de la mangrove environnante sont des dommages collatéraux inacceptables pour lui. Il se consacrera alors à parfaire ses connaissances dans une agriculture plus respectueuse de l’environnement : il continue à apporter son aide dans la ferme familiale à Sarampión, près de Calceta et encourage ses voisins à mettre en place des jardins potagers pour leur auto-consommation.

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Riomuchacho : entre permaculture et écotourisme

A 35 km au nord de Bahía, Manabí, se trouve la petite ferme de 11 ha de Rio Muchacho. Située au cœur de la zone de transition entre forêt tropicale humide et forêt tropicale sèche, la ferme se trouve au sein d’un écosystème unique au monde, de par ses caractéristiques et l’extrême biodiversité qui s’y concentre. Nicola et Dario, un couple néozélandais-équatorien, s’efforcent depuis 1989 de reforester leurs terres et de développer une agriculture adaptée à la zone suivant les principes de l’agroécologie et de la permaculture. Le développement de l’écotourisme leur a permis de mettre en place une école environnementale alternative communautaire et d’autres projets éducatifs dans la région. Partons ensemble à leur rencontre…

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Entre agroécologie et souveraineté alimentaire : l’Equateur, un pays en mouvement

En septembre 2008, la nouvelle constitution équatorienne a été votée par référendum et nombreux sont ceux qui la considère exemplaire sur bien des aspects. Elle remplace le modèle de développement néolibéral qui avait cours depuis 25 ans dans le pays (où la croissance économique du pays passait avant le développement social), pour suivre celui du sumak kawsay (concept issu de la culture kichwa) où le développement doit avant tout permettre d’améliorer les conditions de vie des habitants. Dès lors, le rôle ultime de l’Etat doit être l’obtention d’une vie digne pour tous les équatoriens, afin de « construire une nouvelle forme de coexistence citoyenne, dans la diversité et en harmonie avec la nature, pour atteindre le bien vivre ou sumak kawsay ». La nécessité de passer d’une démocratie représentative à une démocratie participative, la recherche d’une relation harmonieuse entre équité sociale et développement économique et le renforcement de l’économie populaire et solidaire, sont autant de principes qui ont guidé l’élaboration de la nouvelle constitution. Trop beau pour être vrai ou un exemple à suivre ?

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Des consomm’acteurs en Equateur !!

« Los alimentos son el vinculo fundamental entre la ciudad y el campo »

“Les aliments sont le lien fondamental entre la ville et la campagne”

A notre arrivée en Equateur nous avons été surprises par l’omniprésence du mot « agroécologie ». On l’entend souvent de la bouche des producteurs, on le retrouve sur certains marchés paysans, dans les programmes et projets d’associations de la société civile et d’ONG, jusque dans les propositions de loi élaborées par la COPISA (voir article : l’Equateur un pays en mouvement) ! Nous avons voulu en savoir plus sur ce mouvement qui prend de l’ampleur depuis 5 ans, particulièrement à Quito, la capitale. Nous avons donc rencontré les organisateurs de marchés agroécologiques, les fondateurs du premier label Bio créé en Equateur et différentes organisations impliquées dans la promotion de l’agroécologie.

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Maria et sa naranjilla

Les pesticides ou la vie ?

La communauté Kichwa[i] de Guamani (ou Wamani en kitchua) se situe à 200 km à l’est de Quito, au commencement de la forêt amazonienne. Depuis une vingtaine d’années les habitants cultivent la naranjilla[ii] ou « petite orange » (Solanum quitoense), bien adaptée au sol et aux conditions climatiques locales. Ce fruit de la famille des solanacées (comme la tomate ou le physalis), peut se manger cru (bien que très acide), mais est plus généralement apprécié en jus ou en confiture… Un seul hic vient noircir le tableau : la culture de la naranjilla se fait aujourd’hui à grand coup d’applications de produits chimiques sur le sol, sur la plante et ses fruits !

Dans les années 2000, un nombre croissant d’agriculteurs de la communauté de Wamani mettent fin a leurs jours (cela rappelle les tristes suicides d’agriculteurs indiens dont on parlait beaucoup ces dernières années) : en 2 ans plus de 80 personnes se suicident, pour une communauté qui compte seulement 500 habitants (soit un rapport 200 fois supérieur a la moyenne mondiale … de quoi attirer l’attention!). Quelques reportages et vidéos furent réalisés et agitèrent pour quelques temps la toile médiatique équatorienne.

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Don Isidor, un producteur de café qui fait de la résistance !

C´est à Tziscao, petite commune chiapaneca à la frontière du Guatemala, que nous avons rencontré Isidor Hernandez Mauricio, producteur du café biologique d´altitude     « Tziscao », mais aussi fondateur et président de la coopérative « Productores Alternativos de la Selva ». Nous avons tenu à vous présenter ce paysan sympathique et clairvoyant, dont l´histoire est très représentative du contexte caféicole mexicain…

1.  Quand coopérativisme et écologie se rencontrent !

Don Isidor : son histoire, sa coopérative

Ce petit producteur vit avec sa famille à Tziscao, petite ville du Chiapas, au sud de Comitán et à quelques kilomètres seulement de la frontière guatémaltèque. La région est très fréquentée par les touristes car elle regorge de lacs dont la couleur des eaux varie du vert émeraude au bleu turquoise… Nombreux sont les membres de la communauté qui ont abandonné l’agriculture pour se consacrer à une occupation qui rapporte: le tourisme ! Ce n’est cependant pas le cas d’Isidor, qui est fier de ne pas avoir succombé à la tentation touristique et de produire aujourd’hui le délicieux café « Tziscao », dont les effluves envoûtantes nous ont accompagnées durant le reste de notre voyage.

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Entre totopos y popotes : notre itinéraire mexicain…

Le 30 juin, arrivée mouvementée à Cancun, paradis de la consommation et du tourisme de masse, dure transition après Cuba… On redécouvre ici les joies d’internet, des supermarchés aux rayons merveilleusement pleins, de la publicité omniprésente et de la télévision non étatique… On redécouvre aussi les joies de la démocratie : le lendemain de notre arrivée, c’est jour d’élection au Mexique (autrement dit de fraudes massives à peine voilées par le vieux parti caméléon : le Parti Révolutionnaire Institutionnel, PRI). Peña Nieto, du PRI, a donc « remporté » cette élection grâce entre autre à une démocratie sans limite : le PRI a réussit à faire voter les morts, les étrangers (Guatémaltèques surtout) et a offert à ses électeurs convaincus des bons d’achat de 500 pesos mexicains dans la plus grande chaîne de supermarché mexicaine (Soriana). Les non « convaincus », quant à eux, sont plutôt déçus… Malgré les manifestations organisées par le mouvement étudiant « Yo Soy 132 », l’élection a été validée mais la mobilisation continue…
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¡Maíz, recuerda tu raíz!

1. La milpa: No es solo maís !

Le mot milpa vient du Nahualt (langue aztèque) « milli » qui signifie « parcelle semée » et « pan » qui signifie « au dessus », soit littéralement « ce qui est semé au dessus de la parcelle ».

Le principe de la milpa a été mis au point au centre-sud du Mexique (emplacement actuel de l’état de Oaxaca) il y a environ 2400 ans. Le concept se diffusa progressivement dans toute la Méso-Amérique, on le retrouva jusqu’en Amérique du Nord où la milpa était le système de culture de base des Iroquois. La milpa consiste en une association  sur la parcelle de 3 plantes – le maïs, le haricot et la courge (appelées communément la « triade Méso-Américaine ») –  dont la complémentarité a été éprouvée au fil des siècles par les paysans.

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