Don Isidor, un producteur de café qui fait de la résistance !

C´est à Tziscao, petite commune chiapaneca à la frontière du Guatemala, que nous avons rencontré Isidor Hernandez Mauricio, producteur du café biologique d´altitude     « Tziscao », mais aussi fondateur et président de la coopérative « Productores Alternativos de la Selva ». Nous avons tenu à vous présenter ce paysan sympathique et clairvoyant, dont l´histoire est très représentative du contexte caféicole mexicain…

1.  Quand coopérativisme et écologie se rencontrent !

Don Isidor : son histoire, sa coopérative

Ce petit producteur vit avec sa famille à Tziscao, petite ville du Chiapas, au sud de Comitán et à quelques kilomètres seulement de la frontière guatémaltèque. La région est très fréquentée par les touristes car elle regorge de lacs dont la couleur des eaux varie du vert émeraude au bleu turquoise… Nombreux sont les membres de la communauté qui ont abandonné l’agriculture pour se consacrer à une occupation qui rapporte: le tourisme ! Ce n’est cependant pas le cas d’Isidor, qui est fier de ne pas avoir succombé à la tentation touristique et de produire aujourd’hui le délicieux café « Tziscao », dont les effluves envoûtantes nous ont accompagnées durant le reste de notre voyage.

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Entre totopos y popotes : notre itinéraire mexicain…

Le 30 juin, arrivée mouvementée à Cancun, paradis de la consommation et du tourisme de masse, dure transition après Cuba… On redécouvre ici les joies d’internet, des supermarchés aux rayons merveilleusement pleins, de la publicité omniprésente et de la télévision non étatique… On redécouvre aussi les joies de la démocratie : le lendemain de notre arrivée, c’est jour d’élection au Mexique (autrement dit de fraudes massives à peine voilées par le vieux parti caméléon : le Parti Révolutionnaire Institutionnel, PRI). Peña Nieto, du PRI, a donc « remporté » cette élection grâce entre autre à une démocratie sans limite : le PRI a réussit à faire voter les morts, les étrangers (Guatémaltèques surtout) et a offert à ses électeurs convaincus des bons d’achat de 500 pesos mexicains dans la plus grande chaîne de supermarché mexicaine (Soriana). Les non « convaincus », quant à eux, sont plutôt déçus… Malgré les manifestations organisées par le mouvement étudiant « Yo Soy 132 », l’élection a été validée mais la mobilisation continue…
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¡Maíz, recuerda tu raíz!

1. La milpa: No es solo maís !

Le mot milpa vient du Nahualt (langue aztèque) « milli » qui signifie « parcelle semée » et « pan » qui signifie « au dessus », soit littéralement « ce qui est semé au dessus de la parcelle ».

Le principe de la milpa a été mis au point au centre-sud du Mexique (emplacement actuel de l’état de Oaxaca) il y a environ 2400 ans. Le concept se diffusa progressivement dans toute la Méso-Amérique, on le retrouva jusqu’en Amérique du Nord où la milpa était le système de culture de base des Iroquois. La milpa consiste en une association  sur la parcelle de 3 plantes – le maïs, le haricot et la courge (appelées communément la « triade Méso-Américaine ») –  dont la complémentarité a été éprouvée au fil des siècles par les paysans.

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Réformes agraires et révoltes paysannes au Mexique …

Cet article a pour but de dresser un portrait de l´agriculture au Mexique, en rappelant les évènements historiques qui ont façonné le milieu rural du pays,  pour aboutir au contexte agricole actuel.  La dernière partie est consacrée à l´émergence de l´agro-écologie dans le pays, et des différents courants que l´on peut y rencontrer.

Cet article est certes un peu longuet, mais la longueur en vaut la chandelle !

1. Destruction des sociétés préhispaniques et constitution des grandes haciendas

Quand les conquistadores espagnols débarquèrent sur les rives du Mexique au 16ème siècle, l’empire aztèque était en plein essor. Les zones du haut plateau central étaient très densément peuplées et on y pratiquait une agriculture intensive, surtout autour des grands lacs où les terres étaient très fertiles et facilement irrigables. Les plaines littorales plus escarpées étaient beaucoup moins peuplées, y dominaient la culture sur abattit-brulis (notamment au Chiapas).

Les agriculteurs payaient de lourds tributs en produit ou en travail aux classes dominantes (qui ont permis de construire les fabuleux temples que nous connaissons), et les indigènes mayas récemment soumis avaient de forts ressentiments contre les aztèques, sans parler des fortes dissensions au sein même de l’empire. Dans ce climat de tension, il fut facile pour la couronne espagnole d’assujettir la population pour faire tomber la civilisation aztèque. L’administration et l’évangélisation furent confiées aux conquérants sous le régime de l’encomienda : les conquistadores étaient chargés de lever le tribut que les indigènes, nouveaux « sujets du roi », devaient à la Couronne.

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Protection de la biodiversité ou déstructuration sociale de minorités indigènes ?

 “Cuando se habla de territorio, no se trata solo de una extensión de terreno con recursos para planificar, sino de la tierra y de quienes con sus necesidades sus miedos y sus sueños, la habitan.”

“Quand on parle de territoire, il ne s’agit pas seulement d’une extension de terrains avec des ressources à gérer, mais plutôt d’une terre et de ceux qui l’habitent, avec leurs nécessités, leurs peurs et leurs rêves.”

(Gabriella F. S.)

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Pour cet article, nous avons souhaité sortir des sentiers battus agroécologiques pour vous raconter l’histoire mouvementée d’une communauté « relocalisée » à plusieurs reprises par le gouvernement mexicain. Le prétexte : il fallait protéger la biodiversité dans des régions déclarées « réserve nationale » ou « réserve de la Biosphère »…

Situé au sud-est de la République du Mexique, l’Etat de Campeche abrite la Réserve de biosphère de Calakmul (où se trouve une très ancienne cité Maya perdue au milieu de la jungle mexicaine). A la périphérie de cette réserve naturelle, nous sommes allées à la rencontre de « Union 20 de junio », communauté également appelée « la Mancolana ». Parmi ses habitants, Don Juan, un maya Tzeltal originaire du Chiapas, nous a raconté son histoire…

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