Entre agroécologie et souveraineté alimentaire : l’Equateur, un pays en mouvement

En septembre 2008, la nouvelle constitution équatorienne a été votée par référendum et nombreux sont ceux qui la considère exemplaire sur bien des aspects. Elle remplace le modèle de développement néolibéral qui avait cours depuis 25 ans dans le pays (où la croissance économique du pays passait avant le développement social), pour suivre celui du sumak kawsay (concept issu de la culture kichwa) où le développement doit avant tout permettre d’améliorer les conditions de vie des habitants. Dès lors, le rôle ultime de l’Etat doit être l’obtention d’une vie digne pour tous les équatoriens, afin de « construire une nouvelle forme de coexistence citoyenne, dans la diversité et en harmonie avec la nature, pour atteindre le bien vivre ou sumak kawsay ». La nécessité de passer d’une démocratie représentative à une démocratie participative, la recherche d’une relation harmonieuse entre équité sociale et développement économique et le renforcement de l’économie populaire et solidaire, sont autant de principes qui ont guidé l’élaboration de la nouvelle constitution. Trop beau pour être vrai ou un exemple à suivre ?

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Des consomm’acteurs en Equateur !!

« Los alimentos son el vinculo fundamental entre la ciudad y el campo »

“Les aliments sont le lien fondamental entre la ville et la campagne”

A notre arrivée en Equateur nous avons été surprises par l’omniprésence du mot « agroécologie ». On l’entend souvent de la bouche des producteurs, on le retrouve sur certains marchés paysans, dans les programmes et projets d’associations de la société civile et d’ONG, jusque dans les propositions de loi élaborées par la COPISA (voir article : l’Equateur un pays en mouvement) ! Nous avons voulu en savoir plus sur ce mouvement qui prend de l’ampleur depuis 5 ans, particulièrement à Quito, la capitale. Nous avons donc rencontré les organisateurs de marchés agroécologiques, les fondateurs du premier label Bio créé en Equateur et différentes organisations impliquées dans la promotion de l’agroécologie.

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Maria et sa naranjilla

Les pesticides ou la vie ?

La communauté Kichwa[i] de Guamani (ou Wamani en kitchua) se situe à 200 km à l’est de Quito, au commencement de la forêt amazonienne. Depuis une vingtaine d’années les habitants cultivent la naranjilla[ii] ou « petite orange » (Solanum quitoense), bien adaptée au sol et aux conditions climatiques locales. Ce fruit de la famille des solanacées (comme la tomate ou le physalis), peut se manger cru (bien que très acide), mais est plus généralement apprécié en jus ou en confiture… Un seul hic vient noircir le tableau : la culture de la naranjilla se fait aujourd’hui à grand coup d’applications de produits chimiques sur le sol, sur la plante et ses fruits !

Dans les années 2000, un nombre croissant d’agriculteurs de la communauté de Wamani mettent fin a leurs jours (cela rappelle les tristes suicides d’agriculteurs indiens dont on parlait beaucoup ces dernières années) : en 2 ans plus de 80 personnes se suicident, pour une communauté qui compte seulement 500 habitants (soit un rapport 200 fois supérieur a la moyenne mondiale … de quoi attirer l’attention!). Quelques reportages et vidéos furent réalisés et agitèrent pour quelques temps la toile médiatique équatorienne.

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